Focus n°5 :CCI de Valenciennes
 
FOCUS LOGISTIQUE N°5: nord-logistique.com - septembre 2008
 
 Monsieur Deckers, quel est votre parcours?

J’ai d’abord, pendant plusieurs années, travaillé dans le transit et l’expédition de produits forestiers et sidérurgiques en lien avec la France.

Ensuite, j’ai été responsable d’une filiale de la Hessenatie à Anvers qui s’occupait de la distribution physique, l’empotage et de depotage de containers, du transport routier et de l’entreposage portuaire et dans l’arrière pays.

Par après, pendant 6 ans, j’étais responsable au port de Zeebrugge pour l’autorité portuaire du développement de la logistique et du multimodalisme avant de retourner  au port d’Anvers chez Alfaport, organisation coupole du secteur privé maritime. 
Fin de l’année 2007, je suis arrivé à la CCI du Valenciennois.

Aujourd’hui, quelles sont vos missions au sein de la CCI de Valenciennes ?

Tout d’abord, promouvoir l’intermodalité en particulier la logistique durable sur les axes ferrés et fluviaux. Il s’agit également de mieux exploiter les atouts existants de l’Escaut.
Et enfin de faire connaître les atouts du Valenciennois auprès des  ports du Nord.
Nous souhaitons nouer des relations en 1er lieu avec Anvers qui est actuellement le port le plus employé par nos industries, avec Zeebrugge mais aussi en complément avec Gand, Rotterdam et Amsterdam sans oublier les avantages du port de Dunkerque.

Comment s’organise les flux logistiques sur le valenciennois ?

Nous avons observé que beaucoup d’entreprises du valenciennois embarquent toutes leurs marchandises au port d’Anvers avec cependant l' acheminement par la route.
Dés lors, nous devons mettre en valeur des stratégies alternatives logistiques et faire connaître tout le potentiel de l’Escaut.
Nous souhaitons également mieux informer les opérateurs ferroviaires afin de leur proposer des systèmes d’optimisation de leurs ruptures de charges.

Votre regard sur la logistique en Nord-Pas de Calais, votre vision pour le futur ?

La région est sans doute promise à un beau développement avec en perspectives la mise en place du canal Seine Nord, si toutefois ses atouts naturels sont mieux exploités : les atouts de l’Escaut, les liaisons ferroviaires, les gares de triage qui sont, selon moi, actuellement sous exploitées voire même non-exploitées alors que la demande va croissante aidée en cela par la forte évolution du coût du gasoil.

Les potentiels des territoires de Valenciennes, Dourges, Dunkerque voir Marquion et Péronne sont indéniables.
Ne focalisons pas uniquement sur le conteneur car on oublie souvent le vrac et les marchandises générales ; il faut donc créer des plates-formes de transbordement et massifier sur des grandes lignes.

Et sur le volet fluvial ?

Il faut mieux organiser la capillarité des dessertes.
Je m’explique : les péniches freycinets (petite nage) sont actuellement mal utilisées : on leur fait faire des trajets beaucoup trop longs et il y a peu de massification. Il faut savoir que les cargaisons de plusieurs  ferycinets de 250 tonnes peuvent être groupées et expédiées par une seule barge de grande capacité sur la longue distance.
 
Donc, entre les grandes plates-formes de transbordement et les ports de mer, il faut développer des navettes avec des bateaux à forte nage en particulier pour le vrac et les déchets.
 
Mais soyons attentif car avec l’évolution du fluvial, nous risquons de manquer de cales : il faudra penser à reformer du personnel de batellerie et peut être même penser à savoir construire des bateaux sans oublier l’entretien d’une flotte qui deviendra plus importante qu’aujourd’hui.
La construction de nouveaux bateaux en Chine semble être de moins en moins attractive pour de multiples raisons.
 
 
Next >